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duo vayssières - albert les programmes de concerts


La Rencontre ? Bach et Weiss
J. S. Bach/S.L. Weiss
partita al liuto BWV 997
sonata l'infidèle
Fantasia
Entrée
Courante
Sarabande
Gigue


J. S. Bach
suite BWV 995
Prélude et presto
Allemande
Courante
Sarabande
Gavottes 1 et 2
Gigue


S.L. Weiss/J. S. Bach
suite BWV 1025

Fantasia
Courante
Rondeau
Sarabande
Menuet
  • LUTH / GUITARE ROMANTIQUE
  • DUO

La rencontre ?

Août 1739.

"Nous avons eu quelque très excellente musique lorsque Monsieur mon cousin de Dresde est demeuré ici pendant 4 semaines, en compagnie des deux fameux luthistes Monsieur Weiss et Monsieur Kropffgans. Ils se sont fait entendre plusieurs fois chez nous".

C’est ainsi que Elias Bach, parle de la venue de Wilhem Friedman Bach chez son père à Leipzig. Celui-ci officie depuis 1733 à Ste Sophie, à Dresde, qui est alors une des plus belles villes du monde et, sans conteste, un centre musical des plus actifs. (1) Les occasions n’ont certainement pas manqué à Weiss et à JS Bach de s’y rencontrer quand
le cantor venait inaugurer un orgue de Silbermann ou solliciter, sans succès, comme Vivaldi d’ailleurs, un poste à la chapelle auprès d’Auguste III , l’employeur de Weiss. (2)

"Quiconque connaît la difficulté de jouer des modulations en harmonique et de bons contrepoints au luth sera étonné et croira à peine que des témoins oculaires nous assurent que le grand luthiste de Dresde qu'était Weiss, faisait la compétition avec JS Bach, grand claveciniste et organiste, en jouant des fantaisies et des fugues."

Ce témoignage tardif de Reichardt (3), nous donne envie d’entendre la musique qui s’est jouée alors ce mois d’août 1739. Mais nous ne saurons rien de ce qu’ont pu se dire le brillant virtuose du luth, acclamé dans toute l’Europe de Rome à Londres, et le génie absolu de la Musique. (4) Il nous reste cependant un témoignage de ce qu’aurait pu être leur collaboration : La sonate BWV 1025, trouvée dans la collection de Carl Philipp Emmanuel Bach, avait été déclarée “douteuse” jusqu’à ce que les musicologues découvrent que la partie de clavecin n’était autre qu’une oeuvre de Weiss. La contrepartie de violon était bien l’oeuvre du grand Bach. (5)

A la tablature de Weiss (7), Bach ajoute une fantasia de son cru et l’oeuvre commence avec une entrée aux accents surpointés de musique française : Pour les luthistes du temps, elle sert d’ouverture. La suite se continue avec la traditionnelle courante et sarabande. “La majeur est très
approprié pour le violon” indique Mattheson. La tonalité de La majeur permet les bariolages sur les cordes à vide dans le rondeau. Après l’inévitable menuet, l’allegro, dont le style tardif (8) situe bien cette opus dans les années 1740, finit avec brio cette grande sonate.

René Vayssières

1) On en finirait pas d’énumérer ses musiciens célèbres : Quantz, Buffardin, Zelencka, Graun. Sans compter avec l’opéra, dont Rousseau dit, dans son dictionnaire, que c’est le meilleur d’Europe : Caldara, Hasse, Lotti. Mais c’est Sylvius Weiss le musicien alors le mieux payé de la cour...

2) Kropffgans, l’élève de Weiss, est, lui attaché à la maison du premier ministre, le comte Brühl.

3) Son père était luthiste

4) S. Weiss et JS. Bach sont exactement contemporains (1685-1750 et 1686-1750). Ils ont aussi les mêmes protecteurs, comme le comte Keyserlingk ( celui des variations Goldberg)

5) A qui était destinée cette oeuvre ? Suivant le témoignage de son fils Carl-Philipp , Bach “jouait du violon avec pureté et force”. Mais d’autres pistes ne manquent pas; Par exemple la présence à Dresde du grand virtuose du violon Pisendel qui s’était rendu à Weimar
pour visiter le grand Bach. Il aurait été le dédicataire des fameux six sonatas et partitas a violino solo. Dix ans plus tôt, Weiss l’avait accompagné chez la soeur de Frédéric II, elle aussi luthiste. Un an avant notre rencontre, en 1738 donc, Weiss et le violoniste Franz
Benda jouèrent à tour de rôle toute une après-midi et jusqu'à minuit, 24 solos pour violon ainsi que 8 à 10 suites pour luth.

6) Du manuscrit de Dresde. Voir le menuet ci-dessous

7) Straube, Weyrauch, Krebs furent autant d’élèves de Bach qui touchaient le luth et qui ont parfois laissé des transcriptions de ses oeuvres pour leur instrument sous forme de tablatures.

8) D’autres indices stylistiques viennent corroborer cette datation : les triolets de la musique galante, l’utilisation du 13 choeurs, les retards...

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